André Bucher sur l’Etna 1976

André Bucher sur l’Etna 1976

André Bucher en tenue de protection sur l’Etna,1976

André Bucher en tenue de protection sur l’Etna,1976

André Bucher avec Haroun Tazieff, vulcanologue. Le déclic de la sculpture avec la lave 1976

André Bucher avec Haroun Tazieff, vulcanologue. Le déclic de la sculpture avec la lave 1976

André Bucher sur l’Etna en travaillant directement la lave fluide sortant à plus de 1000° degrés du cratère pour ses sculptures ,1976

André Bucher sur l’Etna en travaillant directement la lave fluide sortant à plus de 1000° degrés du cratère pour ses sculptures ,1976

André Bucher en tenue de protection sur l’Etna,1976

André Bucher en tenue de protection sur l’Etna,1976

André Bucher sur l’Etna avec toute l’équipe de son expédition, 1976

André Bucher sur l’Etna avec toute l’équipe de son expédition, 1976

André Bucher en tenue de protection sur l’Etna,1976

André Bucher en tenue de protection sur l’Etna,1976

L'Univers Volcanique

L'Univers Volcanique

Oeuf Volcanique

Oeuf Volcanique

Expédition et travail sur l'Etna 1972

Expédition et travail sur l'Etna 1972

André Bucher dans son atelier à Choulex, 1979

André Bucher dans son atelier à Choulex, 1979

L'Etna

L'Etna

André Bucher a maîtrisé la technique du craquelé sur des tableaux gigantesques 1994

André Bucher a maîtrisé la technique du craquelé sur des tableaux gigantesques 1994

Le Feu...

Le Feu...

André Bucher très inspiré peignant dans son atelier à Choulex, 1985

André Bucher très inspiré peignant dans son atelier à Choulex, 1985

André Bucher avec une sculpture lave et dans le fond le tableau avec la technique craquelée, à Choulex, 1992

André Bucher avec une sculpture lave et dans le fond le tableau avec la technique craquelée, à Choulex, 1992

Partage et Force Tellurique 1994

Partage et Force Tellurique 1994

André Bucher dans son jardin à Choulex et deux sculptures lave, bronze et inox, L’Offrande, 1982

André Bucher dans son jardin à Choulex et deux sculptures lave, bronze et inox, L’Offrande, 1982

André Bucher polissant dans son atelier à Choulex 1979

André Bucher polissant dans son atelier à Choulex 1979

André Bucher et les têtes d’Anthée

André Bucher et les têtes d’Anthée

André Bucher, sculptant, 1972

André Bucher, sculptant, 1972

André Bucher dans son atelier Rue Calvin 1966

André Bucher dans son atelier Rue Calvin 1966

L'Amazone

L'Amazone

 

Biographie – Une vie de passions

Pour André Bucher, artiste au caractère bouillonnant et fourmillant d’idées, la rencontre avec les volcans n’a pas été fortuite, elle était prédestinée lorsqu’il se rendit en 1976 avec une expédition au sommet de l’Etna pour saisir la lave en fusion et l’intégrer à des sculptures en bronze. André Bucher a défini son oeuvre comme étant : « La réconciliation entre l’être humain actuel et l’univers cosmique ».

André Bucher, citoyen suisse, originaire de Kerns dans le canton d’Obwald, descendant d’une grande famille d’hôteliers et d’inventeurs, est né au Mozambique le 7 mars 1924 à Inhambane, dans la plantation familiale.
Il passa une grande partie de son enfance et de sa jeunesse au Tessin et aux Grisons, en Suisse orientale. À Ascona, il baigna, grâce à sa mère, dans les milieux artistiques, côtoyant nombre d’artistes connus comme
Alberto Giacometti, Marino Marini ou Remo Rossi. Il fréquenta les ateliers de Jawlensky, de Macke, de Verefkin et d’Helbig. Sa route était désormais tracée, il suivit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Zurich, puis de Paris, intégra la Grande Chaumière et l’atelier d’Ossip Zadkine où il s’initia à la sculpture. Il compléta sa formation en effectuant un stage à Rome. Il poursuivit ensuite son apprentissage, à l’image d’un compagnon, en exerçant divers métiers dans le domaine de la création, dont celui de styliste pour des maisons parisiennes de haute couture. Comme pour beaucoup d’artistes, le chemin menant à la création n’a pas été une ligne droite mais a emprunté de nombreux détours.
Il s’installa à Genève en 1948 et exerça la profession de graphiste-maquettiste tout en poursuivant ses recherches personnelles. Dans les années 60, il consacra son temps libre à peindre et à dessiner, partageant son temps entre Genève et Ascona. En 1966, il remit son agence pour se consacrer uniquement à son art et à la sculpture en particulier, explorant les thèmes liés à la dualité fondés sur l’épurement des lignes et des volumes se situant entre la figuration stylisée et l’abstraction. Il s’intéressa au mariage des matériaux et intégra dans ses sculptures : le bronze, l’alpax, le fer, l’acier, l’inox, et le bois. Tout est symbole chez André Bucher et tout revient à la nature, la naissance, la vie, la mort et la Création. Il n’aura de cesse d’intégrer l’esprit et la matière dans son art.
Lorsqu’il rencontra en 1975 le vulcanologue Haroun Tazieff sur un plateau de télévision et qu’il apprit que le point de fusion du bronze et de la lave étaient les mêmes, l’idée lui vint de marier les deux matières, jusqu’à l’obséder jour et nuit. En 1976, il monta une expédition, prépara des outils spéciaux pour travailler la lave en fusion, achemina du matériel sur les flancs de l’Etna en éruption, emprunta une combinaison ignifugée aux pompiers de l’aéroport de Genève et bivouaqua dans la neige par moins vingt degrés pendant trois semaines à 3200 mètres d’altitude. Il façonna ensuite la pierre liquide : « la matière de la matière » comme il l’appelait. Il installa son atelier en plein air et, dans cet univers où les mots perdent leur signification, il traduisit dans ses oeuvres l’unité fondamentale du monde qu’il intégra ensuite au bronze, à l’aluminium, au bois et au plexiglas dans ses sculptures. Il est, à notre connaissance, l’unique artiste au monde ayant travaillé et sculpté la lave en fusion sur les flancs d’un volcan. Son oeuvre sculpturale prit alors une nouvelle dimension.
Son attirance pour les volcans, qui correspondaient si bien à son caractère l’incita à retourner à plusieurs reprises sur l’Etna. Deux films relatent cette aventure humaine et artistique. Il effectua également des séjours sur le Stromboli, les volcans d’Hawaï et se rendit aussi au Mont Saint Helens.
La lave et le bronze ; pour André Bucher, l’union idéale qui nous confronte à la fois aux origines du monde et aux débuts de notre civilisation technique : l’Age de bronze. Réconcilier l’homme avec la nature, c’était toute l’ambition de l’artiste qui n’hésita pas à plonger au plus profond de la matrice terrestre pour jouer, façonner, sculpter et créer à partir de cette matière fascinante, effrayante et destructrice : la lave en fusion.
Malgré l’incendie de son atelier à Choulex en 1997 et la disparition de nombreuses oeuvres et archives, il s’est relevé, n’a pas abandonné et a recommencé à créer de plus belle dans un nouveau lieu à Chêne-Bourg, à Genève.
Combien de projets avait-il encore en tête ? Il sentait que l’âge le gagnait, que ses forces diminuaient, que son énergie naturelle s’étiolait ; alors, il s’accrochait, se rendait à 85 ans tous les jours à son atelier ; il voulait aller encore plus loin, continuer à créer, faire progresser son oeuvre.
Il les aplanissait, les projets les plus fous pouvaient voir le jour, comme ce spiral de dix-huit mètres de haut placé devant le siège de la manufacture horlogère Patek Philippe à Plan-Les-Ouates et qui rappelle l’une des pièces mécaniques entrant dans la composition d’un mouvement horloger. Nous citerons également cette oeuvre impressionnante évoquant la puissance de Zeus: une flèche d’inox transperçant une bombe de lave, suspendue par quelques câbles d’acier dans le hall central des Services Industrielles Genevois (SIG).
Il évoquait rarement sa foi mais l’exprimait dans son art qui orne de nombreuses églises, chapelles ou synagogues. Nous pensons à ce Carillon érigé sur la place de l’église de Morgins ou au mobilier liturgique de l’église Saint-Joseph aux Eaux-Vives à Genève. Dans le cadre du sept-centième anniversaire de la Confédération, André Bucher a réalisé le Chemin des Visions de Frère Saint-Nicolas de Flue à Sachseln dans le canton d’Obwald. Il a également contribué avec l’aide de paroissiens à restaurer l’église Saint-André à Choulex et l’a décorée sobrement, mettant en exergue la beauté de ce lieu. Nous évoquerons également le diocèse de Fribourg, le crématoire de Saint-Georges à Genève, des portails d’entrées de cimetières.
L’esprit d’André Bucher ne s’arrêtait jamais de bouillonner, il était en perpétuelle recherche. Il consacrait ses rares espaces de liberté à consigner sur ses grands cahiers à dessins ses idées. Des centaines de carnets d’esquisses, minutieusement archivés par l’artiste, retracent ses projets, états d’âmes, rêveries, fantasmes ou délires.
André Bucher avait le goût du contact humain et aimait aller à la rencontre des gens. Il savait transmettre, mieux que quiconque, son enthousiasme et sa passion pour l’art moderne que ce soit à son entourage, aux passionnés d’art ou aux collectionneurs. Il avait également cette capacité d’imaginer rapidement un projet de sculpture à la symbolique particulière afin de mettre en valeur un bâtiment et transmettre par là-même un message fort aux visiteurs.
Au début des années nonante, André Bucher développa, en parallèle de ses sculptures, une technique de peinture, qu’il surnomma « la peinture craquelée » qui, en séchant se craquelle et forme mille dessins géométriques originaux. Tout comme la lave se fige en se refroidissant, la peinture se fracture en séchant ; il y a toujours chez André Bucher ce retour à la nature, cette intervention du hasard ou du divin, ce goût de l’inattendu ou de la provocation. Et la couleur s’est intensifiée dans ses toiles au fur et à mesure de la naissance de ses petits-enfants ; ces couleurs vives qui ont commencé à dominer puis à prédominer dans ses toiles, symboles de vie, de renouveau, de bonheur, d’espérances portées par une nouvelle génération qui tournoyait autour de l’artiste. Il était heureux, il nous a quitté heureux. Ce sculpteur qui avait su apprivoiser les volcans s’est éteint paisiblement à son domicile genevois le samedi 6 juin 2009.

Les oeuvres d’André Bucher ont été exposées en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et au Japon. Ses créations ont trouvé place dans un grand nombre de fondations, collections privées et musées. Commandes privées ou concours, de nombreuses sculptures issues de l’atelier d’André Bucher ornent l’entrée de bâtiments administratifs ou sièges de sociétés multinationales. L’artiste a également collaboré en tant que conseiller artistique et coordinateur à la réalisation du nouveau Centre International d’Art et Médiatechnologie à Karlsruhe en Allemagne. Plusieurs ouvrages ont été publiés sur l’oeuvre d’André Bucher dont « Think Lava Art » paru en 2005 dans lequel l’artiste développa sa pensée et sa démarche artistique et le dernier « André Bucher, artiste volcanique » paru en 2012 qui retrace sa vie artistique. Deux films ont été réalisés sur les expéditions et le travail de l’artiste sur les flancs des volcans en éruption.

© 2012 André Bucher – Sculpteur